Maquette d'un avion de chasse de sixième génération ("New Generation Fighter", NGF)-SCAF de Dassault Aviation, exposée au Salon international de l'aeronautique et de l'espace à l'aéroport Paris-Le Bourget, le 15 juin 2025. ( AFP / THOMAS SAMSON )
Le programme d'avion de combat européen SCAF, projet clé de la coopération militaire franco-allemande, vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d'ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.
Pour l'Allemagne, il est l'heure de lancer son "propre programme". Dans la presse allemande, des milieux industriels allemands ont appelé, ce lundi 9 février, Berlin à développer son propre avion de combat en s'alliant à des partenaires et dénoncé l'attitude du français Dassault sur le programme d'avion de combat européen SCAF.
"Depuis près d'un an, l'entreprise française Dassault revendique de facto la mainmise sur le projet", ont déploré ce lundi 9 février dans le quotidien allemand Handelsblatt le vice-président du puissant syndicat de la métallurgie IG Metall, Jürgen Kerner, et la présidente de la Fédération allemande des industries aéronautiques, Marie-Christine von Hahn. Désigné comme maître d'oeuvre, l'avionneur français réclame plus d'autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l'Allemagne et l'Espagne, qui a rejoint le programme en 2019. L'attitude de l'avionneur français est "une invitation à nous renier au plan industriel : ça ne peut pas passer", dénoncent-ils.
"Deux avions au sein d'un SCAF européen commun"
Avec Berlin se donnant désormais les moyens budgétaires de muscler son armée face à la menace russe, l'heure n'est plus de rejoindre "un projet multinational", mais de lancer "notre propre programme", en recherchant "des partenaires souhaitant y participer", avancent les deux signataires. "Conduite sans pilote, capteurs, mise en réseau, propulsion, armement : tout doit interagir de manière innovante", rappellent-ils, soulignant que le SCAF ne se limite pas à un avion mais repose sur un ensemble de systèmes.
"Pourquoi nous accrocherions-nous donc à un super-jet unique qui devrait tout faire et satisfaire tous les intérêts ? La réponse cohérente est la suivante : deux avions au sein d'un SCAF européen commun", ont conclu Jürgen Kerner et Marie-Christine von Hahn. Pour eux, un tel changement ne serait pas un échec mais bien "l'entrée dans la maturité" du projet.
Ce projet clé de la coopération militaire franco-allemande, lancé en 2017, vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d'ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie. Fin janvier, le chancelier Friedrich Merz a annoncé que la décision concernant la poursuite du programme était de nouveau reportée, tout en assurant rester "en dialogue intensif avec la France". Les médias allemands évoquent un potentiel revirement de l'Allemagne en faveur du projet concurrent GCAP, ralliant le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon.
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